Antoine Bovin est né le 3 janvier 1966 à Saint-Brieuc ("Côtes du Nord", puis rebaptisé "Côtes D’Armor". Si le nom a changé, le temps est toujours resté mauvais).
Expo à Courpière, versnissage le samedi 19 janvier 2008 à 19h19.
"A 7 ans , je perds l’oeil droit. Devenu borgne, je vois tout à plat. Les livres animés que le Père Noël me glisse dans les chaussons, et leurs images en relief deviennent « pures magies ».
Comme tous les gamins, je bricole des tas de trucs mais à très hautes doses. Cela n’arrête pas : Brofumier, fusée géante, éolienne, cabanes, voilier... Je garderai toujours une envie impérieuse de faire quelque chose de mes dix doigts.
A 16 ans, je fais quantité de films super 8. Les histoires, muettes, se doivent d’être très simples. Je découvre Molière et ses vers. Je les apprends sous « perfusion ».
Je fais maths sup, maths Spé et éprouve une profonde affection pour la géométrie.
A la suite d’une tumeur, je perds l’oreille droite. Après l’image, c’est le son qui débloque. Dans mon oreille bouchée se pressent des sons bizarres, comme si Poulenc gémisssait dans des cabinets.Je découvre coup sur coup, Jelly Roll Morton,Céline, Balzac et Hélène.
Je fais du papier mâché, j’écris des tas de pièces en alexandrins et comme personne ne veut les jouer, Hélène et moi montons sur les planches.On ne sait pas coudre, et comme nos costumes sont ambitieux, on les taille dans du contreplaqué. Judicieusement articulés, peints en trompe-L’oeil, on navigue à droite, à gauche, dans la plus parfaite désorganisation.
Je bosse dans les voitures de courses de Peugeot mais je n’ai pas su récolter les fruits des arbres à cames. Je démissionne.
Je travaille alors dans le cinéma dans le but inavoué de faire un film : la fable du « hérrison et de la voiture » avec la voix de Claude Piéplu. J’y arrive presque mais deux jours avant le tournage, la prodution se casse la gueule.
Je pars vivre à Lyon. Je décide alors de mettre mes écrits en livres animés.Le travail est immense. Et puis je fais du papier mâché comme un pommier fais des pommes. Rien ne m’arrêtera dans ma production, ni les regards distants, ni le fait qu’ils soient invendables. Je les fais, il n’y a rien à comprendre. "
Antoine Boivin