Erreur inconnue ! Appuyer sur échappement ou redémarrer la machine – IV Chapitre quatrième et dernier, d’ailleurs !
Dimanche, début d’après-midi. Nous l’avons décidé ce matin : nous allons pêcher en face, au canal. Avec la radio, évidemment. Inès et Michel vont suivre, mais ils ne sont pas enchantés. Gérard arrive enfin. Il ne manquait plus que lui. Notre premier réflexe, c’est de le dévisager. Nous l’avons découvert ce matin, pour la première fois, sans aucun pansement sur le nez. Nous ne sommes pas encore habitués au tarin déformé qu’il nous présente. Ça viendra.
Nous prenons notre matériel de pêche et sortons.
Nous traversons la route et nous nous installons sur la berge. Première chose, trouver un emplacement sûr pour le transistor, puis réglage des ondes sur une station hollandaise ou anglaise, les seules qui diffusent des morceaux intéressants. Nous préparons maintenant les lancers, pour les mettre à l’eau.
Nous sommes exposés plein soleil. La pêche devient un prétexte. Etalés ainsi, le farniente est de rigueur, bercé rageusement par le tumulte des chansons débitées du poste. Le père de Sylvain traverse et nous amène trois bouteilles de bière et deux de limonade.
Remerciements. Les sodas ne font pas long feu.
Seuls, Gérard et Inès se sont occupés des kils de bibine, à deux. Je ne savais pas que le houblon plaisait à Inès. Ça devient une vraie petite mécanicienne, malgré son ’Jean’ coupé short porté cet après-midi ! A des intervalles irréguliers, l’un ou l’autre fait le voyage vers le garage, certainement pour évacuer l’excédent naturel dû à la boisson.
Sylvain a été le premier. Gérard a déjà traversé deux fois. Il est reconnu comme ayant une trop petite vessie par rapport à sa grande consommation. La musique sonne à tue-tête. Les prises sont maigres.
L’attention n’est plus portée sur nos flotteurs.
Peut-être un poisson tire-t’il sur une des lignes. Peut importe. Seul Jean-Claude est debout, un peu à l’écart, torse nu. Il exécute lentement des mouvements de décontraction. Nous les avons vu faire par des acteurs de kung-fu, au cinoche. Il s’y croit, le gaillard.
Il est temps, pour moi aussi, de faire un voyage aux toilettes. J’entre dans l’arrière-cour. Le spectacle qui m’attend me fout un choc : Inès est allongée sur la banquette éclatée d’une des carcasses de voiture, endormie. Ses longues jambes dépassent de la bagnole. Je m’approche.
" Inès ? Ça va, la grande ?".
Ni réponse, ni réaction. J’avance encore. Je m’aperçois, oh merci mon dieu, qu’en glissant vers l’extérieur, son petit maillot léger n’a pas suivi et s’est retroussé. On lui voit un sein. Je ne boude pas mon plaisir et le reluque un bon moment. C’est mon premier vrai.
Et, timide comme je suis, ce sera certainement le seul ! Je me décide enfin à la réajuster. Je m’autorise à lui redescendre le vêtement, en n’évitant pas de rentrer en contact avec la peau de sa petite poitrine. Je lève les yeux vers l’entrée, attiré par un mouvement de lumière. Je vois, dans l’encadrement de la porte, un Erik, amaigri par son opération, est entré. Il est encore loin de faire pitié, mais il a perdu du poids. Ça lui va bien, d’ailleurs. Neuf jours que je ne l’ai pas vu, depuis sa crise, et il se décide à faire sa réapparition au plus mauvais des moments !
" Dégueulasse ! Mais qu’est ce que t’allais lui faire ?
Tu l’as assommée fumier ? "
" Qu’est ce que tu racontes, je la rhabille, au contraire !".
Il ressort la tête.
" Venez vite, les gars, venez voir !".
Je perds le contact. C’est quoi cette embrouille ?
" Non enfin, y’a rien, arrête !".