La mélodie de la dent du chat

Ma première nouvelle, après l’avoir lue, vous n’écouterez plus jamais la musique de la même manière.

Voici le dernier billet publié sur le blog de Lucas Di Cioccio avant sa disparition. Il a, selon l’hébergeur, fait bien des émules sur Internet et obtenu une fréquentation record. Une requête "Di Cioccio" sur un moteur de recherche sort en effet plusieurs milliers de résultats, dans toutes les langues. Pour vous, nous offrons une version certifiée conforme à l’originale. Nous nous refusons tout commentaire, car de nombreuses pages et forums traitent déjà bien mieux le sujet que ce dont nous serions capables.
"Tout le monde sait que Jean-Luc Saudier était un grand musicien. Ses travaux ont marqué le registre de la chanson française, encore vingt ans après son suicide les jeunes actuels adorent cet artiste. Je ne me mouille pas trop en avançant que Saudier était le Kurt Cobain de la chanson française. Même engouement des fans, même charisme, même fin tragique.
Si je parle de cette fin tragique c’est pour dévoiler des secrets que j’ai gardés pendant ces vingt ans, des secrets effroyables que Jean-Luc m’avait dit de passer sous silence, pour que cela ne porte préjudice ni à ses ventes ni à ses concerts. Je sais tout cela car il était un très bon ami à moi : nous nous connaissions depuis le collège et déjà à cette époque nous nous échangions nos histoires, et nos ragots. Ceci m’avait d’ailleurs valu quelques apparitions à ses côtés dans des magazines de presse people. Avant sa mort, Jean-Luc me légua par testament une petite propriété à flanc de montagne en Savoie, en aplomb du lac du Bourget ainsi qu’une lettre cachetée.
Cette lettre, qui contenait des choses plus horribles que ce qu’il avait su me raconter, je l’ai lue avec motion et torpeur. Puis je l’ai retapée sur mon ordinateur en enlevant toutes les corrélations qu’il pouvait y avoir entre lui et les évènements relatés. De cette manière si quelque paparazzi ou inspecteur tombait sur ce fichier, je pouvais toujours faire croire que l’histoire rocambolesque était le fruit de ma démence. Malheureusement, je ne remets pas en doute la parole de mon défunt ami, et j’ai bien peur que cette histoire soit bien réelle. Pour accepter ce qui est arrivé à Jean-Luc, il faut admettre que certains faits sont inexplicables, que parfois des dimensions étranges interfèrent avec la notre.
Ne me jugez pas sur ce que j’écris, ne pensez pas non plus que je souhaite déshonorer mon cher ami.
C’était son désir, me faire témoigner sans le discréditer, un certain temps après sa disparition, pour m’éviter de me faire fustiger pour diffamation.
Aujourd’hui j’ai fait quelques recherches, j’ai fait quelques expériences, pour ôter tous mes doutes. J’ai comme ouvert une boîte de Pandore que je vais, par cette confession, avec vous, tenter de refermer. Dans les secrets que Jean-Luc m’avait dits de son vivant, il y en avait qui pouvaient compromettre grandement sa carrière d’artiste. Il m’expliquait par exemple que la plupart de ses mélodies n’étaient pas toutes son oeuvre directe. Que celles qui avaient le mieux marché étaient le fruit de travaux perdus sur lesquels il est tombé un peu par hasard, d’un biologiste m’assurait-il, qui aurait étudié les réactions humaines aux sons, et qui aurait trouvé des mécanismes communs à tous les êtres humains. De cette manière il avait une recette miraculeuse pour faire des titres que les auditeurs apprécieraient machinalement à cause de stimulations nerveuses ou je ne sais quoi.



Pour télécharger librement et gratuitement l’oeuvre au format PDF ou acheter le livre...

© Escoutoux.net 2007 [Contact] [Crédits] [Plan du site]
[Bonnes adresses]  [Chroniques]  [Coups de coeur]  [Créations]  [Dites-le]  [Recettes]  [Sortir]  [Visites Virtuelles]  [Plan du site]

Fatal error: Call to undefined function: cron_clevermail_cron() in /homez.353/escoutou/www/ecrire/inc/cron.php on line 114