Pierre Guérin, peintre thiernois - I

1er décembre 2007

Feuilleton de l’Album de Thiers, "Avenue Guérin & Avenue Marilhat", septembre 1878. Documents confiés par Georges Therre.

Portrait

Pierre-Narcisse Guérin, Peintre, 1774 - 1833
Né à Paris de François Guérin, marchand mercier, lui-même issu d’une famille de bouchers thiernois. Il s’’est rappelé ses origines en faisant don à l’hôpital de Thiers, en 1813, d’une réduction de son Offrande à Esculape.
Sa carrière officielle : élève de BRENET et de REGNAULT
- 2° Grand Prix de Rome en 1795, séjour en 1804 à la Villa Médicis
- Membre de l’Institut en 1815
- Directeur de l’Ecole de Rome en 1816
- Anobli (Baron) par Charles X en 1829
- Chevalier de la Légion d’Honneur de l’ordre de Saint-Michel
Style proche de celui de Vavid, a influencé Géricault.
Ses goûts : l’Antiquité
Peintures : Marcus Sextus, 1799 ; Phèdre et Hyppolyte, 1802 ; Offrande à Esculape, 1802 ; Orphée en tombeau d’Eurydice, 1802 ; Bergers en tombeau d’Amyntas, 1804 ; L’enlèvement de Céphale par l’Aurore, salon de 1810 ; Andromaque et Pyrrhus, 1810 (Louvre) ; Didon écoutant les récits d’Enèc (salon de 1817) ; Agamemnon assasiné par sa femme Clytemnestre, salon de 1817.
A peint aussi Bonaparte au Caire, Cholet, Saint-Louis, Sainte-Geneviève, La Rochejacquelein

Feuilleton de l’Album de Thiers - Avenue Guérin & Avenue Marilhat - 1er septembre 1878

Sans doute, le geste, la pose ne sont pas à dédaigner par l’artiste, mais pour rendre les sentiments de l’âme, ils ne sauraient suffire ; ils doivent être subordonnés à la physionomie. C’est sur la figure que doivent éclater les sentiments qui animent un personnage, et dans la figure, c’est surtout dans l’oeil que doit résider l’expression, car l’oeil, comme disaient les anciens, est le miroir de l’âme.
Malgré ce défaut, la composition de Phèdre est large et savante.Hippolyte frappe le spectateur par son attitude pleine de noblesse, qui s’allie si bien avec sa modestie et son ingénuité. En le voyant, il nous semble l’entendre dire :

D’un mensonge si noir justement irrité
Je ne pourrais faire ici parler la vérité,
Seigneur, mais je supprime un secret qui nous touche
Approuvez le respect qui me ferme la bouche.

Thésée représente noblement le héros, émule d’Achille, qui a purgé la terre des montres qui l’infestaient. Jusque dans son malheur il a conservé cette grandeur sereine qui convient au demi dieu vainqueur du Minotaure. Chez Phèdre l’expression du regard trahit la lutte qui éclate dans le coeur de cette reine, vicitme de la fatalité entre la passion et le devoir, entre le désir d’être vengée des mépris d’Hyppolyte et celui d’épargner un innocent qu’elle aime toujours malgré ses rigueurs. Aussi au témoignage et suivant l’expression de Quatrenière de Quincy, il y eut à l’occasion de Phèdre une enchère de vogue et un surcroît d’enthousiasme.
Le défaut que nous avons signalé dans Phèdre se retrouve, mais moin sensible, dans le tableau d’Andromaque, qui parut en 1810.. Andromaque tenant dans ses bras le fils d’Hector se jette aux pieds de Pyrrhus pour invoquer sa protection contre les Grecs. Pyrrhus la lui accorde en dépit de la jalouse Hermione. Dans ce tableau tous les personnages, dessinés dans des poses naturelles, sont remarquables par leurs attitudes variées, mais éloquentes. : il n’y a qu’Hermione qui pourrait être accusée de brusquerie déclamatoire dans le mouvement qu’elle fait pour s’arracher au spectacle du triomphe de sa rivale.


Article paru dans ’La Montagne’ le 11 novembre 1997
Feuilleton de L’Album de Thiers



© Escoutoux.net 2007 [Contact] [Crédits] [Créations]
[Bonnes adresses]  [Chroniques]  [Coups de coeur]  [Dites-le]  [Recettes]  [Sortir]  [Plan du site]

Fatal error: Call to undefined function cron_clevermail_cron() in /mnt/sites/escoutoux.net/web/ecrire/inc/cron.php on line 114