Toto Posto En concert à l’église de Neuville dès 20h30 le vendredi 27 mai 2011.
Soirée musique et danse traditionnelle sous le soleil de Sicile - tarif unique : 5 € et gratuit pour les moins de 6 ans. Organisé par la Communauté de Communes du Pays de Billom.
toto posto polka di saponara à la belle equipe... par pierrealexislav
Comment est né Toto Posto ?
C’est grâce à Giuseppillo, le cousin de la sœur de la mère de mon grand père, qui était charretier en Sicile, carrettiere comme on dit là bas. Pendant les longs trajets pour le transport des marchandises, Giuseppillo chantait. Mais il ne chantait pas le tube du moment, non, il n’y en avait pas. Non, il chantait ce qui lui passait par la tête, ce qu’était sa vie, l’amour, les faits quotidiens, le travail, le temps qui passe etc. et cela dans un style propre aux charretiers.
Un jour Giuseppillo eut un fils, Domenico, qui entendait parfois son père chanter. Il aimait ça. Si bien qu’il se mit, naturellement, lui-même à chanter. Les chants de son père, bien sûr, mais aussi ceux que sa mère lui chantait et d’autres appris de ci de là, dans les bals du village ou durant les festivités.
Il faut dire qu’à cette époque la musique accompagnait chaque activité ou passage important dans la vie. Mais les gens ne se considéraient pas pour autant pour des chanteurs ou des musiciens. Non, ils chantaient et ils jouaient juste parce que c’était nécessaire, c’était même vital.
Ainsi donc Domenico chantait lui aussi. Et il aimait particulièrement écouter les cantastorie, ces chanteurs ambulants qui racontaient des histoires sur la loyauté, l’honneur, le courage, le sens de la famille en s’accompagnant de leur guitare. Il aimait tellement ça qu’il décida de le devenir lui-même. Ainsi il transmettait ses histoires de village en village.
Un matin, à Acireale il raconta l’une de ses histoires préférées « In pruvincia i Catanzaru » aux femmes du village, alors que les hommes étaient au travail. L’une d’elle, Rosina, fût très émue par cette histoire si bien qu’elle la chantait tout le temps, en berçant ses enfants ou lorsqu’elle allait travailler avec ses amies au ramassage des amandes.
Mais un jour excédé par la pauvreté et les conditions de vie difficiles, le mari de Rosina, Michele, décida de partir avec toute la famille. Ils allèrent donc voir en France si l’herbe était plus verte. Et elle l’était en effet. Michele devint mineur. C’était un métier difficile et dangereux mais il lui permettait de subvenir aux besoins de sa famille. Seulement, était-ce parce qu’ici, en France, la vie était meilleure que les gens ne chantaient pas ? Michele ne le savait pas mais il constatait, impuissant, que les chants de son pays n’avaient plus de raison d’être. Alors parfois comme pour faire resurgir la terre sicilienne sous leurs pieds, Michele et Rosina entonnaient un air de jadis à l’occasion d’un évènement familial. Mais leurs enfants et petits enfants ne les apprenaient alors plus. Ca n’aurait eu pour eux aucun sens.
Pourtant, alors que ces derniers l’ignoraient, ces chants, avec tout ce qu’ils transportaient de misère, de colère et d’oppression mais aussi d’amour, de solidarité et de fêtes, sommeillaient en eux. Et ils sommeillent probablement encore chez la plupart aujourd’hui. Quelques rares seulement, peut-être plus à l’écoute de leur cœur et de leur sensibilité, ont miraculeusement su les réveiller.
« Toto Posto » est de ceux-là.