Voyage astral L’authentique du P3 - Voyage astral
Auteur : Agnès Andersen
Catégorie : Romans / Nouvelles
Licence Art Libre
Cette nuit, je suis sortie de mon corps.
Ce n’était pas comme d’habitude : je ne l’avais pas programmé. Je suis sortie d’un coup, très vite, projetée sans m’y attendre dans cet autre plan de l’univers.
Je n’en ai pris vraiment conscience que lorsque je me suis retrouvée allongée en apesanteur, au-dessus de mon corps physique.
Un moment, je suis restée là, sans rien faire, juste le temps de réaliser. Je me suis dit simplement :
- Tiens ! Je suis dans l’astral. Qu’est-ce que j’y fais ?
J’attendais, comme s’il allait se passer quelque chose.
Mais il ne se passait rien.
C’était la nuit, le noir transparent. Ou plutôt cette étrange obscurité lumineuse que je ne connais que dans ces mondes-là. Malgré les ténèbres, je voyais.
Je voyais qu’il n’y avait rien à voir, jusqu’à me poser la question :
- Pourquoi fait-il toujours nuit-clarté quand j’entre dans l’astral ?
Une seconde, une minute se sont écoulées, plus peut-être. Toujours allongée au-dessus de moi, dans l’immobilité parfaite de mon corps éthérique, j’ai compris que si je continuais à ne rien faire, il ne se passerait toujours rien.
Alors, tout doucement, je me suis assise. Tout doucement, pour ne pas provoquer d’interférences qui me ramèneraient brutalement dans l’enveloppe charnelle que je venais de quitter. Puis je me suis levée, toujours aussi doucement. Et, sûre de mon nouvel état, j’ai fait une pirouette arrière, légèrement, pour me confirmer que j’étais bien dans l’astral. Mon mouvement s’est démultiplié, au ralenti, comme lorsque je le fais sous l’eau en natation synchro.
Pas de doute, j’étais bien sortie de la Troisième Dimension.
Mais qu’allais-je faire à présent ?
Pour prendre mon envol, je me suis élancée comme une sirène plongeant dans l’écume. J’étais dans ma chambre. Je voulais en sortir. Mais par où ? Et pour aller où ?
Par réflexe, j’ai cherché la fenêtre. En vision sphérique, elle semblait être sous la porte à ce moment-là. Comme nageant entre deux eaux, je me suis glissée jusqu’à la vitre pour la traverser.