Escotal : le Bulletin n°10 vient de paraître, une plongée dans la mémoire d’Escoutoux

Pour ses 30 ans, l’association Escotal publie son dixième bulletin. Un numéro particulièrement riche, consacré aux belles demeures, à la démographie et surtout aux villages, hameaux et lieux-dits aujourd’hui disparus d’Escoutoux. À découvrir dès maintenant… et à retrouver ce week-end lors de l’anniversaire des 30 ans de l’association.

C’est précisément cette mémoire-là qu’Escotal est allé chercher dans son Bulletin n°10, qui vient de paraître.

Publié par l’association Recherche et mise en valeur du patrimoine d’Escoutoux, ce nouveau numéro arrive à un moment tout particulier : en cette année 2026, Escotal fête ses 30 ans. Une occasion rêvée pour regarder en arrière, parcourir les archives et tenter de faire parler les traces laissées par les générations précédentes.

Dès les premières pages, le ton est donné.

« 2026, date qui marque le 30ème anniversaire de notre association Escotal. Le temps passe vite et pour marquer cet évènement nous avons voulu dans ce numéro 10 vous faire voyager dans le temps, à travers les siècles et en parcourant notre campagne. »

Et quelle promenade !

Quatre demeures pour commencer le voyage

Le bulletin ouvre son parcours avec quatre belles demeures de la commune : La Graulière, La Vallérie, La Verchère et Maubec.

Quatre lieux, quatre histoires, quatre façons aussi de regarder autrement le paysage d’aujourd’hui.

À La Graulière, devenue aujourd’hui Sainte-Marguerite, on remonte jusqu’au Moyen Âge et à une ancienne motte féodale entourée de douves. La première mention écrite retrouvée remonte au XIIIe siècle, avec Guillaume de la Graulière, cité en 1250.

À La Vallérie, le lecteur découvre une demeure dont l’histoire traverse les siècles, de la seigneurie au relais de chasse, puis à la maison de maître au cœur d’un vaste domaine agricole. La maison, construite en pisé, conserve encore ses volumes, ses boiseries et ses plafonds anciens.

La Verchère nous entraîne encore plus loin dans l’histoire des familles qui se sont succédé dans ce fief, tandis que Maubec, avec son château dominant le ruisseau des Vernières, permet notamment de retrouver la trace de plusieurs familles et personnages qui ont marqué la commune.

Ces demeures sont aujourd’hui pour certaines privées et non ouvertes à la visite. Le bulletin permet donc aussi de les découvrir autrement : par les documents, les archives, les généalogies, les plans et les récits.

Et si l’on comptait les villages d’Escoutoux ?

Autre question à laquelle Escotal s’est intéressé : combien de villages et de lieux-dits compte réellement la commune ?

Le bulletin recense notamment les lieux-dits actuellement référencés, avant de proposer une plongée dans l’évolution démographique d’Escoutoux, de 1789 à 2026.

Mais c’est surtout l’étude de l’année 1872 qui réserve quelques surprises.
Isabelle Montagne et Michel Sablonnière ont travaillé sur les données démographiques de cette époque : habitants, ménages, professions, patronymes… et même les animaux présents dans les différents villages.
Et puis il y a les prénoms !

En 1872, Marie domine très largement chez les femmes, avec 357 occurrences, devant Jeanne (140) et Antoinette (75). Chez les hommes, Jean arrive en tête avec 195 occurrences, devant Antoine (118), Jean-Marie (67), François (60) et Claude (58).

Une manière assez savoureuse de découvrir, à travers les statistiques, les habitants d’Escoutoux d’il y a plus de 150 ans.

Ces villages qui ont disparu…

C’est sans doute l’une des parties les plus émouvantes de ce dixième bulletin : celle consacrée aux villages, hameaux et lieux-dits disparus.

Plus d’une quinzaine de sites en ruine ou disparus sont recensés : Bondy, Chez le « Nié », Chez Moroux, Chez Piarrot, Fayet, Fermouly, La Brugière, La Grange, La Graulière, La Rocheras, Le Château de Besse, Le Cheix, le Moulin de Vorreton, Le Puy, Les Bonnets, Les Rioux, Rereulh ou Motte de Rudel, Villesaint…

Des noms qui racontent déjà quelque chose.

Mais les pages du bulletin leur redonnent surtout une histoire et parfois des visages.

À Bondy, par exemple, quelques pans de murs témoignent encore de l’ancien hameau, habité jusque dans les années 1960 par la famille Borel. Le bulletin rapporte même le souvenir d’un dernier habitant qui cultivait des dahlias en bordure de son champ de pommes de terre.

À Fayet, totalement en ruines aujourd’hui, vivaient encore deux ménages entre les deux guerres mondiales, dont un couple de couteliers et une famille tenant une sorte d’épicerie où les habitants des environs venaient chercher quelques provisions.

Et puis il y a Fermouly.

Quelques lignes donnent soudain au travail historique une dimension très personnelle :

« Fermouly est un endroit qui m’est cher, c’est ici que naquit ma maman en 1922. Mes grands-parents y étaient métayers. »

Derrière les pierres et les archives, il y a donc aussi les souvenirs familiaux, les histoires transmises et les lieux auxquels on reste attaché.

Le texte évoque cette ancienne maison de maître, autrefois dotée de fenêtres à meneaux et de vastes cheminées, aujourd’hui réduite à « un amas informe de pierres » au milieu des conifères.

Et l’on imagine alors ce que pouvait être ce paysage lorsque le regard portait encore largement vers les monts du Forez et du Livradois.

Des traces qui racontent encore

Le bulletin nous emmène aussi sur les traces de la motte féodale de Rudel, du village du Cheix, des Bonnets – où serait née, dans sa famille maternelle, une partie de l’histoire qui inspira à Jean Anglade son roman Les Bons Dieux – ou encore des anciens moulins de la commune.

Car l’eau aussi raconte l’histoire d’Escoutoux.

En 1793, plusieurs moulins existaient encore sur le territoire communal. Ils ne pouvaient fonctionner en continu, le débit des ruisseaux étant trop faible, mais les retenues d’eau et les écluses permettaient leur fonctionnement « par éclusée ».

Sur le ruisseau d’Effragne, le bulletin décrit ainsi un ancien moulin familial et son système hydraulique, depuis l’écluse jusqu’au petit bâtiment abritant le rodet, cette roue à godets en bois qui permettait d’actionner la meule.

Autant de détails qui font comprendre que le patrimoine n’est pas uniquement constitué de châteaux ou de belles demeures : il se trouve aussi dans les chemins, les ruisseaux, les ruines, les anciennes activités, les noms de lieux et les traces parfois presque invisibles du quotidien.

Un bulletin anniversaire… à découvrir ce week-end

Ce dixième bulletin compte 46 pages et constitue finalement bien davantage qu’un simple recueil d’informations historiques.

C’est une invitation à regarder Escoutoux autrement.

À lever les yeux sur une demeure, à s’interroger sur un nom de lieu, à imaginer un village dont il ne reste presque rien, à retrouver dans un vieux document le prénom d’un habitant de 1872 ou à deviner, derrière quelques pierres, ce qui se trouvait là autrefois.

Comme l’écrit Claudine Borel dans la préface :

« Tant de traces sont laissées, à nous de savoir les lire et les transcrire. »

Et peut-être est-ce là tout le sens du travail accompli depuis 30 ans par Escotal : chercher, comprendre, transmettre… pour que la mémoire locale ne disparaisse pas avec ceux qui l’ont connue.

Le Bulletin n°10 d’Escotal
Le Bulletin n°10 vient donc de paraître.
Prix : 15 €

Et bonne nouvelle pour celles et ceux qui souhaitent le découvrir : il sera disponible à la vente pendant le week-end anniversaire des 30 ans d’Escotal, les vendredi 18, samedi 19 et dimanche 20 septembre 2026, à Escoutoux.
L’occasion est donc toute trouvée pour venir célébrer les trois décennies de l’association… et repartir avec un morceau de la mémoire d’Escoutoux entre les mains.

Les 30 ans d’Escotal

Du 18 au 20 septembre 2026, Escotal fête ses 30 ans à l’occasion des Journées européennes du patrimoine.

Au programme notamment : projection du film consacré à l’exposition scolaire de 1996, contes, visites de l’église Saint-Sulpice, conférence sur la société taisible de la famille Quittard-Pinon, concert au château de La Verchère, exposition de peintres locaux, photographies et vidéos consacrées à Escotal.
Un week-end pour regarder le passé… mais surtout pour continuer à le faire vivre.

Les publications de l’association Escotal sont disponibles au prix de 15 € auprès de tous les membres d’Escotal ou en commande via l’adresse : escotal.escoutoux@gmail.com.


Voir en ligne : Le site internet de l’association Escotal