Les dunes des Girauds-Faures

Issues de l’ancienne confluence de la Dore et de l’Allier, les dunes des Girauds-Faures sur la commune d’Orléat, constituent un site très original en Auvergne sur les plans biologique et géologique. Ces dunes revêtent une importance nationale et européenne pour la faune, la flore et les milieux naturels qu’elles abritent. A ce titre, elles font partie du site Natura 2000 « Plaine des Varennes ».

Ce site comporte 12 îlots renfermant des milieux naturels très différents (prairies, boisements, haies, zones humides…) sur une superficie totale d’environ 858 ha.
Les dunes des Girauds-Faures correspondent à une accumulation de sables fins et grossiers en alternance, pauvres en calcium et en bases minérales. Ces sables constituent un sol filtrant et instable où se développe une végétation semblable à celle des dunes décalcifiées du littoral atlantique.

Sur le plan botanique, ce site est caractérisé par des pelouses ouvertes à Corynephorus et Agrostis. Il s’agit de formations végétales basses, laissant apparaître de vastes espaces de sable nu, composées de touffes de graminées, de petites plantes annuelles et parfois de zones colonisées par des mousses et des lichens ou par la callune (espèce de bruyère).

Ces dunes abritent plus d’une centaine d’espèces d’hyménoptères prédateurs (se nourrissant d’autres insectes) et d’une espèce particulière d’oiseau : le magnifique guêpier d’Europe, qui niche sur les parois verticales de sable et trouve sa nourriture sur place.

L’inventaire des insectes hyménoptères effectué en 2007 par Frédéric Durand et Patrick Burguet de la Société d’Histoire Naturelle Alcide d’Orbigny, le classe au rang des sites les plus riches de France, avec 73 espèces de sphéciformes et 41 espèces de pompiles.
Le nombre d’espèces pour ces familles représente environ un quart de la totalité des espèces de France continentale, rassemblées sur cette petite surface. Beaucoup d’espèces présentes sont aisément observables
par le promeneur. La richesse écologique rare de ce site est directement liée à
l’influence de la nature du sol exceptionnel qu’il importe de préserver.
Les dunes ont subi différentes atteintes, en particulier des prélèvements de sable, la fréquentation de véhicules à moteur provoquant des phénomènes d’érosion, l’apport de déchets et encombrants et la colonisation par des arbres. Notamment les pins et les chênes qui trouvent un terrain favorable dans la mesure où le sol a été enrichi par l’apport de déchets et par la matière organique qui se décompose sur place. Les différents problèmes liés à la fréquentation du site par le public ont perduré malgré la prise d’un arrêté
municipal interdisant la circulation des véhicules à moteur en 2003.

Actions de gestion mises en oeuvre
Depuis dix ans, les dunes sont protégées par une clôture entourant les deux parcelles communales, tout en laissant le chemin d’accès utilisable par les engins agricoles avec des chicanes aménagées dans la clôture pour que les piétons puissent pénétrer dans les parcelles.
A la demande du Parc, le SHNAO a finalisé un plan de gestion déterminant différentes phases d’intervention pour sauvegarder les dunes, les restaurer et poursuivre les inventaires qui permettent de mieux connaître la flore et la faune présentes, notamment les insectes inféodés à ce site.

Compte tenu des données historiques récoltées par la SHNAO auprès des habitants des Girauds-Faures, on sait que le site était largement déboisé par le passé. Les parcelles sectionnales étaient sans doute utilisées comme pâtures d’appoint pour les troupeaux de moutons, vaches et chèvres. L’ouverture
des dunes a été entretenue jusqu’à la Seconde guerre mondiale, après quoi le secteur s’est boisé progressivement selon les dires des habitants.

En l’absence d’agriculteur intéressé pour faire pâturer le site à l’issue des travaux de déboisement, le Parc organise chaque année depuis 2015 des chantiers bénévoles annuels pour entretenir les dunes.

Le paysage des Girauds-Faures s’est modifié au cours du temps. Les pelouses se sont progressivement embroussaillées puis boisées. Les ronces, les genêts, les chênes, et surtout les pins en ont profité pour s’installer.

La commune a réalisé plusieurs opérations de défrichage dès les années 2010. Malgrès ces efforts, la dynamique de la végétation semble plus forte et les milieux ouverts subissent les assauts des genêts.
Fort de cette expérience et des enjeux écologiques, la commune a souhaité prendre le taureau par les cornes ou plutôt les chèvres …
En effet, après avoir réalisé des travaux d’entretien des clôtures et la construction d’abris pour animaux, on peut voir pâturer des chèvres. Ces animaux ont été choisis pour leur faible poids qui ne détériore pas la végétation fragile et pour leur gout prononcé pour les arbres et les arbustes.

Contact et informations
Emilie ARDOUIN
Chargée de mission Natura 2000
Tél : 04 73 95 57 56

Article publié par Sophie Pvlic dans CentralParc juillet/août 2017, informations communiquées par Le Parc Livradois-Forez, complété par les actualités de la commune d’Orléat.



Voir en ligne : Le site internet de la commune d’Orléat